Anecdotes

Mercredi 21 mai 2008

L'action se passe la veille de la bataille de Leipzig. Marbot, accompagné d'une vingtaine de ses hommes, reçoit pour mission d'aller en pleine nuit sur une petite butte au centre du futur champ de bataille (appelée la Redoute Suédoise), afin d'y observer les troupes ennemies situées de l'autre côté de cette butte.
Le ciel est parfaitement dégagée ce soir là, Marbot ainsi que ses hommes à cheval s'y rendent, et, ne trouvant personne se mettent à observer les positions russo-prussiennes, puis se postent sur un versant de la redoute, et attendent. De longues minutes. Ils sont sur le point de partir lorsque soudain un bruit sourd de chevaux galopant se fit entendre, et se rapprochant en direction de la butte. Marbot eut tout de suite le réflexe de donner l'ordre à ses hommes de se tenir prêts à intervenir, au cas où, afin de faire des prisonniers.
Le cortège de cavaliers ennemis arriva alors sur la Redoute, et les voix de soldats prussiens et russes se firent entendre (ils étaient au nombre de trois). L'un d'eux, observant les positions françaises, crut bon d'aller avertir le tsar et le roi de prusse de l'excellente position d'observation qu'ils venaient d'ateindre.
Ces hommes quittèrent la butte, de longues minutes se firent attendre, et au moment ou Marbot et les siens allaient partir, un cortège constitué d'une voiture et de plusieurs cavaliers arriva sur la redoute. De la voiture descendirent plusieurs personnes, qui se mirent à étudier avec précision les défenses françaises.
A ce moment la, malgré l'obscurité qui empêche de distinguer correctement les personnes, Marbot comprend que lui et ses hommes sont en supériorité numérique par rapport à l'escorte présente sur la Redoute, et se décide à intervenir afin de faire prisonnier les "mystérieux occupants de la voiture, des "officiers", doit-il penser. Ses hommes, fusils au bras, entourent l'ensemble de la position, et sont prêts à fondre sur l'ennemi. L'instant est critique, la tension à son comble, Marbot va donner l'ordre de l'assault, a déjà sorti son épée, lorsque malencontreusement l'un de ses soldats, trop intrépide, laisse par mégarde tomber son sabre sur le sol rocailleux. Croyant être repéré par l'ennemi, il décide à faire feu sans avoir recu l'ordre, et blesse l'un de ses opposants. L'effet de surprise est gâché, les cavaliers russo-prusses ont le temps de remonter sur leurs chevaux, la voiture avec ses mystérieux occupants repart vers les positions alliées, et dans la confusion de l'assault deux soldats ennemis sont finalement arrêtés.
Marbot décide de les ramener au campement français afin de les interroger, pensant apprendre plus de l'identité des hommes se trouvant dans la voiture. Quelle ne fut pas sa surprise d'apprendre le lendemain matin de la bouche d'un des cavaliers que parmi le cortège présent la veille sur la Redoute Suédoise se trouvaient tout simplement le Roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et le tsar Alexandre!!!!!...

Source: Mémoires du général baron de Marbot

Par Nicolas
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Mercredi 21 mai 2008
"Sur les bords de la Bérézina par 28 degrés de froid. Fatigué de la marche, je m’étais assis sur un tronc d’arbre, à côté d’un beau canonnier récemment blessé. Deux officiers de santé vinrent à passer; je les priai de visiter sa blessure. Au premier aperçu, il dirent Il faut faire l’amputation du bras. Je demandai alors au canonnier s’il serait disposé à la supporter. Tout ce qu’on voudra, répondit-il fièrement. Mais dirent les officiers de santé, nous ne sommes que deux; il faudrait, M. le général, pour opérer cet homme, que vous eussiez la bonté de nous aider. Et voyant que leur proposition me souriait fort peu, ils se hâtèrent d’ajouter qu’il suffirait que je permisse au canonnier de s’appuyer sur mon dos pendant l’opération, que je ne verrais pas. Alors, j’y consentis; je me mis en posture, et je crois que cela me parut plus long qu’au patient lui-même. Les officiers de santé ouvrirent leur giberne ; le canonnier ne proféra ni une parole, ni un soupir; je n’entendis un moment que le petit bruit de la scie, et, peu de secondes ou de minutes après, il me dirent: C’est fini ! Nous regrettons de n’avoir pas un peu de vin à lui donner à boire pour le remettre de l’émotion. Il me restait une demi-fiole de malaga, que je ménageais en n’y touchant de loin en loin, que goutte à goutte. Je la présentai à l’amputé, qui était pâle et silencieux. Ces yeux aussitôt s’animèrent, et, tout d’un trait, il me la rendit complètement vide. Puis en me disant: J’ai encore loin d’ici à Carcassonne, il partit d’un pas ferme que j’aurais eu peine à suivre."

Source: "Mémoires du général Lejeune"
Par Nicolas
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Mercredi 21 mai 2008

"Après les fastes du couronnement de Sa Majesté comme Roi d'Italie, l'Empereur et l'Impératrice restèrent plus d'un mois à Milan et j'eus avec eux, tout le plaisir de visiter cette belle capitale de la Lombardie.
Je n'entrerai dans aucun détail sur le couronnement, ce fut à peu près la répétition de ce qui s'était passé à Paris quelques mois auparavant.
Ce ne fut pendant leur séjour qu´un enchaînement continuel de fêtes et de plaisirs et il semblait que l´Empereur lui seul eût quelques temps à donner au travail.
L'Empereur et l´Impératrice allèrent un jour déjeuner incognito aux environs de Milan, dans une petite île de l'Olona; en s'y promenant, l'Empereur rencontra une pauvre femme dont la chaumière était toute voisine du lieu où avait été dressée la table de Leurs Majestés, et il lui adressa nombre de questions.
"Monsieur, répondit la brave femme qui ne l'avait point reconnu, je suis très pauvre et mère de trois enfants que j'ai bien de la peine à élever, parce que mon mari qui est journalier, n'a pas toujours de l'ouvrage."
- "Combien vous faudrait-il, reprit Sa Majesté, pour être parfaitement heureuse ?"
- "Oh ! Monsieur, il me faudrait beaucoup d'argent."
- "Mais encore, ma bonne, combien vous faudrait-il ?"
- "Ah ! Monsieur, à moins que nous n´ayons vingt louis, nous ne serons jamais au-dessus de nos affaires; mais quelle apparence que ayons jamais vingt louis !"
L´Empereur lui fit donner sur-le-champ une somme de ...trois mille francs en or, et il m'ordonna de défaire les rouleaux et de jeter le tout dans le tablier de la bonne femme. Celle-ci à la vue d'une si grande quantité d'or, pâlit, chancelle, et je la vois près de s´évanouir.
- "Ah ! C'est trop Monsieur, c'est vraiment trop. Pourtant vous ne voudriez pas vous jouer d´une pauvre femme..."
L'Empereur la rassura et sans se révéler, il lui dit que tout était bien pour elle, et qu´avec cet argent elle pourrait acheter un petit champ, un troupeau de chèvres, et faire bien élever ses enfants.
Sa Majesté ne se fit point connaître; car elle aimait en répandant ses bienfaits, à garder l'incognito."

Source: "Mémoires de Constant"

 

Par Nicolas
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Comme le titre de ce blog le laisse supposer, nous traiterons de tout ce qui se rattache à la période napoléonienne. Nous ne nous fixerons aucun interdit quant aux matières abordées : histoire générale, littéraire, sociale, économique, financière, institutionnelle, administrative, militaire, diplomatique, des arts, etc... Car il est bien évident que le contenu de ce blog ne limitera pas ses informations sur le seul régime impérial ou sur la seule personne de Napoléon Bonaparte.

C'est donc avec une grande anxiété mais malgré tout avec beaucoup de joie que je vous laisse juger de ce travail. En espérant qu'il servira "la cause des sciences historiques authentiques, objectives et sérieuses" (O.Sokolov), et qu'il sera parcouru avec intérêt, c'est avec beaucoup de fierté que je le présente aujourd'hui.

Nicolas. L'administrateur du blog.

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